Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
30 Nov

En France, le chômage ne baisse pas, il explose !

Publié par Diarium  - Catégories :  #Economie-Finance

En France, le chômage ne baisse pas, il explose !

Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A baisse de manière récurrente, en France, selon les chiffres mensuels de Pôle emploi. Il faut attribuer cette décrue à l’orientation des chômeurs vers des stages de formation. Le sous-emploi et le chômage de longue durée, quant à eux, augmentent fortement.

 

La complexité des situations de non emploi, la diversité des catégories de chômeurs, les interactions entre des dispositions publiques à l'oeuvre, font de la mesure du chômage un art difficile se mesurant de diverses façons, selon les conjonctures ou les intentions des uns et des autres.

 

L'avantage est la marge de commentaires que confère la diversité des sources disponibles de préférer l'indicateur à charge ou à décharge. L'inconvénient provient de cette même prodigalité de sources aux résultats divergents, quand ils ne sont pas simplement contradictoires. Comme l'aurait dit un fabuliste, selon que vous êtes aux affaires on dans l'opposition, le jugement sur l'évolution du chômage sera blanc ou noir.

 

Selon l'Insee, selon Pôle emploi

 

Si, en outre, un président de la République conditionne une éventuelle candidature à sa propre succession à l'inversion de la courbe du chômage, il y a fort à parier que la polémique n'est pas prêt de flétrir. Pourquoi en sommes-nous là ? Deux mesures se partagent chaque mois l'attention des Français. Décideurs, relais d'opinion et citoyens disposent, d'un côté, de l'enquête emploi publié par l'Insee sur le dernier trimestre en date et, d'un autre côté, du nombre de personnes inscrites à Pôle emploi dans le courant du mois écoulé. Il arrive que les deux sources divergent : à qui faire confiance ?

 

C'est cependant le chiffre de Pôle emploi qui retient l'attention chaque mois. En octobre 2016, les 3,5 millions demandeurs d'emploi de catégorie A régressent très légèrement (-11.700) mais si l'on ajoute ceux qui cherchent un emploi à temps partiel ou à durée déterminé le nombre atteint 5,5 millions et continue d'augmenter (+19.000 environ).

 

Selon l'Insee, le nombre de chômeurs a augmenté au troisième trimestre. L'institut des statistiques mesure, par sondage auprès de 57.000 ménages, le chômage au sens du Bureau international du travail, permettant ainsi d'effectuer des comparaisons internationales. Au troisième trimestre 2016, 10 % de la population active soit 2,8 millions de personnes en métropole étaient selon ces critères sans emploi, en recherche et disponibles.

 

Si chacune des sources a ses limites et indiquent parfois des évolutions contradictoire, l'une et l'autre apportent des éclairages complémentaires indispensables pour cerner la réalité des tendances en jeu. Voici dès lors résumé la cause de la polémique : en matière de mesure du chômage, un seul chiffre n'est pas suffisant.

 

Un «halo» de 1,5 million de Français

 

Deux raisons exigent pourtant de relativiser ces chiffres . Tout d'abord, le sondage de l'Insee est affecté d'une précision de 0,3 %, le chiffre de 10 % pourrait donc être révisé à la hausse - ou à la baisse - dans les mois qui viennent. Par ailleurs, et cela est trop souvent ignoré, la manière de répondre à cette enquête est entachée d'ambigüité. Un chômeur découragé par des recherches infructueuses, ne cherchant pas au cours du mois précédant l'enquête, n'est pas comptabilisé en tant que «chômeur», ni même d'ailleurs dans la population active.

 

Les statisticiens parlent alors d'un «halo» autour du chômage qui, selon l'Insee, atteignait en août dernier 1,5 million de personnes ; un contingent en augmentation de 43.000 personnes sur les douze derniers mois. Plus grave encore : 29.000 inactifs découragés de plus sur le seul deuxième trimestre de l'année.

 

L'analyse plus détaillée montre que le taux de chômage diminue pour les hommes de moins de 25 ans et les femmes de 25 à 49 ans. Mais pour ces deux catégories, le taux d'activité a dans le même temps diminué d'un demi-point. L'abandon des recherches d'emploi les a donc fait passer de la catégorie de chômeurs à celle... d'inactifs.

 

Une explosion sans précédent du sous-emploi

 

Un observateur attentif qui, il est vrai, aurait le temps d'analyser en profondeur les données fournies par l'Insee constaterait également qu'au phénomène du «halo» s'ajoute l'évolution du sous-emploi évalué sur la base des déclarations de personnes indiquant vouloir travailler davantage. Plus de 90.000 personnes ont rejoint au deuxième trimestre 2016 les 1,7 million de Français en âge d'être actifs estimant travailler insuffisamment. En outre, du premier au deuxième trimestre de l'année, le nombre de «sous-emploi» supplémentaires pour cause de chômage technique a bondi de 50.000 à 133.000 personnes !

 

A ces chiffres et tendances s'ajoute la mesure du nombre d'inscrits à Pôle emploi, communiqué par le ministère du Travail. Ils étaient 3,5 millions disponibles et n'ayant pas travaillé dans le courant du dernier mois (catégorie A). Mais, ils étaient 5,5 millions en y ajoutant ceux ayant travaillé quelques heures dans le mois (catégories B et C). Or, ce sont ces deux dernières catégories qui, ces derniers mois, augmentent le plus (+ 100.000 en un an).

 

 

 

Source : Les Echos

Commenter cet article

À propos

Un regard neuf sur l'actualité basé sur des sources fiables.