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23 Sep

La Sécurité sociale est-elle vraiment "sauvée" ?

Publié par Diarium  - Catégories :  #Monde-Politique, #Economie-Finance

La Sécurité sociale est-elle vraiment "sauvée" ?

Forte d'un redressement spectaculaire des comptes de la Sécurité sociale, au mieux depuis 2002, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a promis dans un entretien aux Échos la fin du "trou de la Sécu" en 2017.

 

Pour Marisol Touraine, "la gauche fait le job" : "en 2017, il n'y aura plus de 'trou de la Sécu'", estimait-elle jeudi soir 22 septembre sur son blog, à la veille de la présentation de son projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017, le dernier du quinquennat.

 

Le gouvernement vise en effet pour 2017 un déficit du régime général (maladie, retraites, famille, accident du travail) ramené à 400 millions d'euros contre 3,4 milliards en 2016 a déclaré la ministre des Affaires sociales et de la Santé dans un entretien aux Échos ce vendredi. "L'histoire du quinquennat, c'est la fin des déficits sociaux", a-t-elle insisté. L'année prochaine, "trois branches sur quatre seront à l'équilibre, l'assurance-vieillesse dégagera un excédent de 1,6 milliard", précise la ministre. L'Assurance maladie, qui devra réaliser 4 milliards d'euros d'économies, verra quant à elle son déficit passer de "4,1 à 2,6 milliards", une "très nette amélioration". "La droite avait multiplié les franchises et creusé le déficit. Nous aurons sauvé la Sécu", se félicite la ministre, pour qui les 400 millions d'euros de déficit restant ne représentent, "sur un budget de 500 milliards", que "l'épaisseur du trait".

 

"Les résultats ne viennent pas du hasard", a assuré ce vendredi matin sur Europe 1 le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert. "Il y a eu des réformes en profondeur : chirurgie ambulatoire, plan hospitalier, prix des médicaments". Sans oublier la lutte contre les actes inutiles et surtout la lutte contre les fraudes, qui a rapporté plus d’un milliard d’euros en 2015, un record, pointe le journaliste Vincent Giret sur France Info.

 

Mais, parallèlement, persistera un déficit de 3,8 milliards d'euros pour le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), autre composante de la Sécu, qui verse les cotisations retraites des chômeurs et le minimum vieillesse. Un fonds qui devrait être intégré selon la Cour des Comptes à la branche vieillesse du régime général pour mieux se rendre compte de la situation des retraites en France.

 

En outre, même réduit de moitié, le déficit de l'Assurance maladie s'établira toujours à 2,6 milliards d'euros en 2017. Éternel point noir de la Sécu, elle devra réaliser 4 milliards d'euros d'économies, tout en honorant les revalorisations de revenus prévues dans la fonction publique hospitalière (à hauteur de 700 millions d'euros) et chez les médecins libéraux (400 millions). Un objectif compliqué à atteindre, selon des proches du dossier, et ce malgré un objectif de dépenses de santé relevé de 700 millions d'euros, annoncé en début de semaine par le ministre de l'Économie Michel Sapin.

 

Par ailleurs, sur RMC, l'économiste Frédéric Bizard, spécialiste des questions de protection sociale, a tempéré ce vendredi matin l'enthousiasme de la ministre. "Marisol Touraine a raison de se réjouir de cette embellie, mais cette embellie risque d'être de courte durée. Les prévisions économiques pour l'an prochain se sont un peu dégradées : la croissance sera plutôt de 1,3% et pas de 1,7% comme le prévoit le gouvernement. On sait que les dépenses de santé risquent de s'accélérer car on a revalorisé le point d'indice du personnel hospitalier et parce qu'il y a une nouvelle convention médicale (augmentation de la consultation chez le généraliste de 23 à 25 euros, NDR) qui prévoit une hausse des dépenses de 950 millions d'euros", explique-t-il.

 

Le spécialiste note par ailleurs que ce retour à l'équilibre "ne veut pas dire meilleure couverture en santé et en retraite des Français". Il souligne "une dégradation de la qualité de la couverture du risque santé, avec des soins courant moins accessibles pour la classe moyenne, notamment des soins dentaires". Sur Europe 1, Christian Eckert a au contraire assuré que sur le quinquennat, "le reste à charge des assurés avait diminué d'un point. On est mieux remboursé qu'avant".

 

 

 

Source : Boursorama

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