Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 Aug

Les banques privées en Suisse sont mal en point

Publié par Diarium  - Catégories :  #Economie-Finance

Les banques privées en Suisse sont mal en point

Une banque privée en Suisse sur dix a été vendue ou liquidée au cours de l'année 2015.

 

En l'espace de douze mois, leur nombre est passé de 133 à 121, selon une étude de KPMG. En juillet 2016, on comptait 117 instituts. Dans l'ensemble, le tableau des performances de la branche s'est encore assombri.

 

Malgré la disparition des établissements les moins rentables, les résultats de l'ensemble se sont détériorés. Deux tiers des 87 banques privées examinées ont vu leurs rendements sur fonds propres reculer l'an passé, indique l'enquête annuelle du cabinet d'audit KPMG et de l'Université de Saint-Gall publiée jeudi, qui exclut notamment UBS et Credit Suisse.

 

Par le passé déjà, KPMG avait prévu la disparition de jusqu'à 30% des instituts d'ici quelques années. Vu la dégradation des conditions de marché, entre franc fort et taux négatifs, ces pronostics s'avèrent même plutôt conservateurs, estiment les experts du cabinet.

 

«Pour une majorité grandissante de banques privées, les contraintes de transparence et les réglementations de plus en plus complexes, les exigences accrues d'une nouvelle génération de clients ainsi que les rudes conditions du marché s'avèrent être un mélange toxique», juge Philipp Rickert, chef des services financiers chez KPMG, cité dans le communiqué.

 

L'année 2015 a enregistré 15 fusions et acquisitions impliquant des banques privées suisses, un record depuis 2007. KPMG observe aussi que davantage de banques étrangères ont quitté le marché helvétique, parmi lesquelles Coutts International et Royal Bank of Canada.

 

Moins 100 milliards

 

Globalement, les avoirs de clients sous gestion ont diminué de 100 milliards de francs l'année dernière, à 1449 milliards. En cause, le marché mais aussi la disette du côté des rentrées d'argent. Totalisant 4,3 milliards de francs, l'afflux net d'argent neuf affiche un plus bas depuis 2009.

 

Pire, 54% des banques étudiées ont subi des sorties nettes. Pour 15 d'entre elles, les reflux dépassaient 10% de leur masse sous gestion. La saignée était plus douloureuse pour les instituts basés en Suisse romande. Pour les banques tessinoises, l'effet du programme de régularisation italien se fera pleinement sentir cette année, prévient KPMG.

 

Seules les banques avec une filiale à l'étranger ont tiré leur épingle du jeu. Pour celles-ci, l'afflux net d'argent frais était positif, totalisant 4 milliards de francs. Celles qui ne sont pas présentes à l'étranger ont évolué en territoire négatif, avec des sorties globales se chiffrant à 1,3 milliard.

 

Intérêts négatifs

 

Parmi les 87 banques recensées, 24 ont essuyé des pertes en 2015, contre 26 une année auparavant. Entre-temps en effet, une partie des instituts déficitaires a mis la clé sous la porte, explique KPMG. Au final, 68% des établissements privés ont vu se contracter leurs marges.

 

La faute d'une part à la pression persistante sur les commissions mais aussi aux intérêts négatifs introduits le 22 janvier 2015 par la Banque nationale suisse (BNS). A ce titre, les instituts privés ont payé 247 millions de francs l'année dernière sur leurs avoirs en comptes de virement détenus auprès de la banque centrale.

 

Sur fonds de revenus en déclin, les coûts, eux, n'ont pas toujours pu être comprimés. Pour 2 banques sur 3, le ratio coûts/revenu a grimpé, parfois même jusqu'à 10% pour les instituts les moins performants.

 

L'année dernière, les frais de personnel ont représenté 67,2% des charges d'exploitation. Globalement, les effectifs de l'échantillon examiné par KPMG ont diminué sous le coup des rachats et des liquidations. En un an, le nombre de collaborateurs a diminué de 7,3% à 24'949 équivalents plein temps.

 

Litige fiscal clos

 

L'an passé, et encore début 2016, toutes les banques inscrites en catégorie 2 du programme américain de régularisation fiscale ont signé un accord, mettant ainsi fin à une source de grande incertitude. Parmi les 87 banques considérées dans l'enquête, 38 d'entre elles ont versé pour 931 millions de francs au total de pénalités.

 

Pour affronter les défis de l'avenir, «une amélioration durable ne saurait être obtenue sans un changement radical», conclut Christian Hintermann, de KPMG. «L'optimisation des anciens modèles commerciaux et opérationnels ne suffit plus».

 

 

Source : Le Matin

Commenter cet article

Archives

À propos

Un regard neuf sur l'actualité basé sur des sources fiables.