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21 Jul

Des gènes « zombies » qui se réactivent après la mort

Publié par Diarium  - Catégories :  #Science-Technologie

Des gènes « zombies » qui se réactivent après la mort

Après la mort, des centaines de gènes restent actifs. D’autres se réactivent carrément. Observé chez un mammifère et un poisson, ce phénomène concernerait aussi l’être humain. De quoi changer notre conception de la mort

 

« La mort signifie-t-elle réellement la fin de l'existence ? »

 

Ce pourrait être une des questions de l’épreuve de philo du bac. C’est l’interrogation posée par la très sérieuse revue Science en préambule d’une découverte pour le moins spectaculaire : l'activité génétique des souris, deux jours après leur mort, et des poissons-zèbres, quatre jours après leur décès, reste active.

 

Mieux : certains gènes, qui servent à la construction de l'embryon, et ne s'expriment donc plus après la naissance, se réactivent après la mort.

 

Une « action désespérée »

 

C'est ce qu'avancent deux études menées par l'équipe du microbiologiste Peter Noble, de l'université de Washington, déposées sur le serveur de pré-publication BioRxiv, et en attente de validation d’un comité de lecture.

 

Comment expliquer ce phénomène troublant ? Selon les scientifiques américains, la plupart de ces « gènes zombies » réagiraient au stress subi par le corps à cause du décès, en régulant la chaleur ou en activant le système immunitaire.

 

Comme l’explique l'académicien et biologiste moléculaire Miroslav Radman, interrogé par L'Express, il pourrait s’agir d'une « action désespérée » pour réanimer le corps décédé en tentant de construire un nouvel organisme, mais aussi « d’une sorte de mécanisme de survie enclenché par le manque progressif d'oxygène et d'énergie » : ces gènes se réactiveraient à cause du manque d'oxygène, ou parce qu'ils détecteraient un état semblable à celui du fœtus, qui ne respire pas d’air.

 

Fixer précisément l'heure d'un décès

 

Autre découverte : ces « gènes zombies » favoriseraient l’apparition de cancers port-mortem. Et voilà qui expliquerait pourquoi des malades qui reçoivent des organes transplantés d’une personne récemment décédée présenteraient un risque plus élevé de développer cette maladie.

 

Car, si la réactivation de ces gènes a pour l’instant uniquement été observée chez des souris et des poissons, « il y a des indices indiquant que ces mêmes gènes sont aussi actifs pendant un certain temps chez les humains décédés », affirment les scientifiques américains.

 

Ce qui ouvre un champ d’application supplémentaire : ces « Walking gènes » pourraient en effet permettre de fixer encore plus précisément le jour et surtout l’heure d’un décès faisant l’objet d’une enquête policière.

 

« Ce qu'il faut retenir de ces travaux, conclut Peter Noble dans Science, c'est que nous pouvons encore beaucoup apprendre de la vie en étudiant la mort ».

 

 

 

Source : OuestFrance

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