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06 May

Pourquoi les Grecs redescendent-ils dans la rue ?

Publié par Diarium  - Catégories :  #Economie-Finance, #Monde-Politique

Pourquoi les Grecs redescendent-ils dans la rue ?

Les Grecs sont dans la rue pour protester contre de nouvelles réformes. Plan d’aide, réformes, situation économique : où en est le pays ?

 

Pourquoi les Grecs descendent-ils dans la rue ?

 

Bateaux à quai, administrations fermées,... La Grèce est engagée, depuis vendredi et jusqu’à demain soir, dans une grève générale. Elle intervient avant le vote prévu, dimanche, d’une nouvelle série de réformes au Parlement. Des réformes qui, pour le principal syndicat du secteur privé, GSEE, apparaissent comme le « dernier clou dans le cercueil » des travailleurs et des salariés.

Parmi elles, le projet de réforme des retraites. Présenté le 19 avril, il a pour but de remettre à l’équilibre les caisses de retraite, alors que les dépenses pour les pensions représentent, aujourd’hui, 17 % du PIB.

Selon le ministre du Travail, le texte vise particulièrement les retraités qui touchent plus de 1 300 €. Par conséquent, « seuls 10 % des retraités » devraient être affectés par les nouvelles coupes. Le texte prévoit le plafonnement des retraites (de base et complémentaire) à 3 072 € mensuels maximum.

La réforme conduirait à une baisse des retraites complémentaires au-delà de 1 300 € de pensions cumulées, une hausse de 0,5 % des cotisations patronales et salariales les trois prochaines années etc. Serait aussi mise en place une pension nationale de 384 € après vingt ans de cotisation.

Comment va le pays ?

 

Mal. Il est essoré par sept années d’austérité. « Nous avons perdu 27 % de PIB en huit ans », expliquait, fin avril, au Figaro, le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias. Après une croissance nulle en 2015, les prévisions tablent sur -0,7 % de PIB en 2016.

Le taux de chômage est redescendu à 24 % mais cela signifie qu’un Grec sur quatre est toujours sans emploi. La pauvreté a explosé, au point que le gouvernement a dû mettre en place « un programme parallèle à celui des créanciers pour venir en aide aux plus pauvres. Certains vivent sans électricité, même à Athènes », a précisé le ministre, et des tickets de rationnement ont été émis en place avec l’Église.

La dette du pays atteint 184 % du Produit intérieur brut et les Grecs nourrissent toujours l’espoir d’un allégement. Nombre d’économistes, comme le Fonds monétaire international (FMI), jugent la dette insoutenable et son aménagement indispensable pour aider les Grecs à sortir la tête de l’eau. Mais, pour l’heure, la promesse, agitée depuis 2012, reste au stade des discussions.

Les Allemands sont toujours très réticents à l’idée d’un allégement.

Le pays, est en outre, au premier plan dans la crise migratoire. Il a accueilli près d’un million de réfugiés en 2015.

Où en sont les aides ?

 

Le pays avait obtenu, en août 2015, un troisième plan d’aide de 86 milliards d’euros, au terme d’une grave crise politique : le pays était passé tout près d’un Grexit, une sortie du pays de l’Union européenne.

Mais, pour obtenir une nouvelle tranche d’aide de ce plan de 5 milliards d’euros, il doit valider un nouveau train de réformes. Jusque-là, ces réformes représentaient 3 % du Produit intérieur brut du PIB : réformes des retraites, de l’impôt sur le revenu et des créances douteuses dans les banques du pays. Le but étant de dégager un excédent budgétaire primaire de 3,5 % en 2018.

Mais depuis mi-avril, les créanciers ont demandé des économies supplémentaires importantes (2 % du PIB) qui n’étaient pas prévues. Une sorte de plan d’austérité de secours, de « police d’assurance », réclamé par le FMI, poussé par l’Allemagne, toujours très méfiante à l’égard des engagements grecs.

Ces nouvelles réformes ne seraient mises en œuvre que si les finances grecques s’éloignaient trop des objectifs fixés par les créanciers. Et là, ça coince. Les Grecs estiment qu’ils ont fourni les efforts nécessaires, mais que les créanciers ne leur laissent guère le temps de reprendre leur souffle.

La situation est-elle critique ?

 

Il y a urgence. Le pays n’a plus reçu un seul centime du fonds de sauvetage européen depuis quatre mois, tant les discussions patinent. Or il doit rembourser une tranche de 2,3 milliards à la Banque centrale européenne le 20 juillet, après près de 500 millions d’euros au FMI le 13 juillet.

Plusieurs observateurs redoutent que ne se rejoue, ce printemps, le scénario de l’été 2015, quand la Grèce avait failli quitter l’Union européenne. Aujourd’hui encore, sans nouvelle réforme, le pays n’obtiendra pas de nouvelle tranche d’aide. Sans tranche d’aide, il ne pourra payer ses dettes. La menace d’un défaut, et donc d’un Grexit, réapparaît.

 

 

Source : OuestFrance

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